CARMEN MERHEB (PRESIDENTE RICOM) : « A LUI SEUL, LE PORTE-PAROLE INTEGRE LE TRIPTYQUE "OUTIL-PRODUIT-CANAL" »



mardi, 21 novembre 2017 22:46
Présidente du Réseau ivoirien des communicants (Ricom), Carmen Merheb Doumbia se prononce dans se entretien  sur les activités dudit Réseau. Et surtout sur son 2ème rendez-vous prévu pour le 23 novembre avec pour conférencier principal, le ministre de l’Economie Numérique, de la Poste et de la Communication.
Carmen Merheb : « A lui seul, le porte-parole intègre le triptyque "outil-produit-canal" »

Le 2ème rendez-vous, du Réseau ivoirien des communicants (RICOM) qui se tient le jeudi 23 novembre 2017, porte sur le thème : « L’importance du porte-parole en entreprise ». Quels en sont les enjeux dans la stratégie de communication de l’entreprise ?
Aujourd’hui, toutes organisations, qu’elles soient publiques ou privées, gouvernementales ou non, a le devoir, au nom du droit à l’information des populations, de communiquer ; communiquer non seulement en direction de ses cibles externes, mais aussi internes. Les messages ne doivent pas aller dans tous les sens. Il faut une porte unique car le message doit être uniforme et harmonieux conforme à la stratégie. En plus et tout aussi stratégique, les messages à délivrer  doivent être portés par une voix et un visage afin d’humaniser le message qu’elle qu’en soit sa teneur et de créer du lien, du relationnel avec les publics cibles et aboutir aisément si l’on le souhaitait à une forme de proximité.

Votre choix s’est porté sur le ministre Bruno Nabagné Koné pour animer cette 2ème conférence publique. Y a-t-il une raison particulière ?
Le choix porté sur le Ministre Bruno Nabagné KONE, est un choix naturel pour nous. D’abord c’est notre Ministre de Tutelle le RICOM, je le rappelle, est composé de professionnels de la communication. Ensuite, il est le porte-parole du Gouvernement depuis plusieurs années. Il cumule les connaissances, les compétences et l’expérience. Il a la carrure et l’étoffe, C’était donc pour nous le premier choix naturel vu le thème qui porte sur le porte-parolat.

A quel moment dans la vie des entreprises et des organisations, cette nouvelle attente communicationnelle s’est-elle imposée aux entreprises et organisations ?
Le mot entreprise, pour moi, résonne comme  organisation. Qui dit organisation inclue systématiquement des interactions et des interrelations. Pour une cohésion économique et sociale durable, des valeurs communes doivent être partagées.  Et tout cet ensemble doit être porté par une figure. Celle du premier responsable de l’entreprise ou d’une autre personne à qui l’on octroie la légitimité parce que désignée officiellement connue de tous et reconnue comme telle. Pour répondre donc à votre question, le porte-parolat, dès la création de l’entreprise doit prendre forme et démarrer son cycle de vie.

Notre monde économique moderne, je parle là de notre contexte en Côte d’Ivoire et de ce que j’ai pu observer car je n’ai trouvé aucune statistique sur le sujet, a ouvert la fonction de porte - parolat, il y a environ une vingtaine d’année. C’est une fonction encore très jeune chez nous comparativement aux pays occidentaux. Non seulement la fonction est jeune, mais en plus, elle reste très peu connu et localisée au niveau d’un petit groupe de grandes entreprises et Institutions. Mais avec la dynamique de l’économie et les évènements (heureux ou malheureux) vécus par les entreprises et Institutions, cette fonction est en train de s’imposer d’elle-même.

Quel parcours de formation doit avoir le porte-parole en plus des règles essentielles de prise de parole en public ?
Le porte-parole doit maitriser les règles de la prise de parole en public. C’est un impératif ! Il doit également être doté d’un solide background en communication pour la maitrise de tout l’écosystème. Mais ce n’est pas tout ! Il doit également avoir la maitrise du domaine d’activité et du métier de l’organisation qu’il représente. Il doit être cultivé et incarner des valeurs éthiques, morales et humanistes.  Un autre point tout aussi important, son positionnement hiérarchique au sein de son organisation. Son positionnement hiérarchique doit lui conférer une aisance afin d’inspirer confiance.

Quelles différences y-a-t-il entre le porte-parole, le chargé de communication et le chargé de relations publiques ? En d’autres termes quels sont les tâches principales du porte-parole ?
Le chargé de communication travaille au développement et à la mise en œuvre des actions découlant de la stratégie de communication. Il travaille à l’amélioration et au maintien de l’image et de la notoriété de son entreprise. Sans oublier la promotion des produits pour impacter les ventes et fidéliser la clientèle. Le chargé de communication tient également dans son éventail le management de la communication interne en direction du personnel, des organisations internes et de la haute hiérarchie. Pour l’atteinte des objectifs, il utilisera les axes, outils et canaux adaptés.

Le chargé des relations publiques, lui, assurera (presqu’essentiellement) la promotion externe de l’organisation qui emploie ses services. Son objectif principal est de véhiculer une image positive de ladite organisation. Dans les grandes organisations, il est généralement sous la coupe du Responsable communication. Mais dans les petites structures il sera polyvalent. Ses activités s’intègreront de façon globale dans les actions de communication. La différence entre ces deux fonctions est bien claire. Mais le cloisonnement des rôles et activités ou leur fusion dépendra de la taille de l’organisation.

Le porte-parole, lui, sera le visage de l’entreprise. Il créera le lien,  constant avec le public; il sera « la vitrine » de l’entreprise avec son visage, sa voix. Il véhicule les opinions, positions, commentaires et messages de l’entreprise. Il amplifie la visibilité. Bien évidemment dans le but d’améliorer la perception du public. Personnellement, je vois le porte-parole comme étant en même temps, un outil de communication, un canal de communication et un produit de l’entreprise.
Pourquoi la tendance est très souvent d’embaucher un journaliste comme porte-parole ? Les cas sont légion.
C’est vrai, la tendance est d’embaucher des journalistes. Le journaliste possède déjà les premières bases requises pour la fonction. C’est-à-dire l’esprit de synthèse, l’esprit alerte, le sens de la réparti, le verbe… Le fait de traiter au quotidien l’actualité et l’information est un superbe atout qui l’aidera facilement à se glisser dans ce nouveau costume dont le rôle sera totalement l’inverse  de celui qu’il joue dans une rédaction. Le journalisme est un angle de la communication la reconversion se fait donc aisément. Mais attention ! Ce n’est pas si linéaire. Non seulement, un temps d’adaptation est nécessaire, mais il faut en plus un accompagnement spécifique. Et il faut aussi compter avec la personnalité du journaliste.

Dans certains embaucher un journaliste comme porte-parole, répond à un objectif stratégique vital.  Imaginez qu’un journaliste vous critique lors d’une campagne importante qui fait un écho national. Vous réussissez par la suite à l’avoir dans vos rangs comme porte-parole. Cette volte-face vous profitera extraordinairement !

La seconde communication à ce rendez-vous du 23 novembre va aborder « La dimension culturelle africaine de la fonction de porte-parole ». Est-ce aussi important d’extrapoler le cas de nos sociétés traditionnelles dans la modernité ?
Bien sûr que c’est important d’intégrer la dimension culturelle à toutes nos activités ! Le socle du développement des pays asiatiques c’est bien leur culture ! Les pieds ancrés dans la culture et la tête dans la modernité. Je prends souvent en exemple le Sankofa. Cet oiseau mythique de la tribu Akan qui est représenté la tête en arrière. C’est une symbolique forte qui nous rappelle que l’on doit toujours se référer au passé pour envisager l’avenir.
La fonction de porte-parole est fortement intégrée  à notre culture en Côte d’Ivoire. Que l’on soit de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du sud ou du centre, cette fonction est bien vivante dans nos sociétés traditionnelles. Au cours de la rencontre du jeudi 23 Novembre, Monsieur KOUAME Kouao – Bilé, un adepte du Pr. NIANGORAN BOUAH, nous replongera à la source de notre culture. Nous verrons bien que culture et modernité font bon ménage.

Comment expliquez-vous le manque d’enthousiasme des entreprises à intégrer dans leur organigramme la fonction de porte-parole.
Je ne peux pas l’expliquer. Je pense que c’est lié à la méconnaissance du rôle du porte-parole. C’est l’une des raisons du choix du thème. Eveiller les consciences et faire comprendre que le porte-parole ne porte pas simplement la parole. A lui seul, il intègre le triptyque « outil - produit – canal ». Cela semble complexe mais c’est extraordinaire. C’est ce qu’on appelle la complétude ce qui est très rare dans ce monde.

Quel engouement a suscité la mise en place du RICOM depuis février  2016 ? Est-ce que cela a eu un impact sur les rapports des entreprises avec les  médias et le public ?
Le RICOM se porte bien. Le réseau est très jeune, mais nous avons des membres de qualité et disponible. Tous prêts à partager leurs expériences. Permettez que j’adresse une mention spéciale à nos Directeurs Généraux qui nous soutiennent et nous accompagnent. Et bien sûr au Ministre de la Communication qui nous a toujours accordé une oreille attentive et un intérêt encourageant.

Qui sont ceux qui peuvent participer à cette conférence ?
C’est une conférence ouverte au public. C’est gratuit. Je convie les communicants et les patrons. Nous partirons enrichis vu l’affiche. Ce sera également l’occasion, pour ceux qui ne le sont pas encore, d’intégrer le RICOM. Au sein du RICOM, nous nous formons pour nous même et pour nos entreprises et Institutions partant pour notre pays.
https://www.fratmat.info/index.php/nos-unes/carmen-merheb-presidente-ricom-a-lui-seul-le-porte-parole-integre-le-triptyque-outil-produit-canal-2-2-2

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LE FORUM NATIONAL DES CONFESSIONS RELIGIEUSES DE COTE D’IVOIRE APPELLE A DES ELECTIONS MUNICIPALES ET REGIONALES APAISEES

INVESTISSEMENT EN AFRIQUE: UN FORUM SE TIENT EN AFRIQUE DU SUD, LA COTE D’IVOIRE SERA PRESENTE

OUVERTURE A ABIDJAN D’UN FORUM CONSACRE A LA TRANSFORMATION DES MATIERES PREMIERES