DEBRAYAGE A TOUBA: LES ELEVES PROTESTENT CONTRE LA VENTE DES CAHIERS D’HABILETES PAR DES PROFESSEURS



lundi, 20 novembre 2017 15:50
« La mauvaise pratique de certains acteurs » qui, selon lui, gagneraient entre 250 Fcfa et 500 Fcfa par document vendu, a finalement fait déborder le vase.
Débrayage à Touba: Les élèves protestent contre la vente des cahiers d’habiletés par des professeurs

Après l’épisode des perturbations orchestrées par la Fesci contre les frais « annexes exorbitants » exigés par les Coges, une autre affaire risque de pourrir l’atmosphère dans les établissements secondaires de Touba. Il s’agit de la vente de cahiers d’habiletés par certains enseignants.

Pis, selon nos sources, les élèves qui n’achèteraient pas lesdits documents, sont sortis des classes ou sont sanctionnés par un zéro. Leur coût varie entre 2500 Fcfa et 3000 Fcfa, l’unité. C’est pour dénoncer cet état fait que les élèves du lycée Gouverneur Abdoulaye Fadiga (Gaf) de Touba ont débrayé ce lundi 20 novembre 2017.

A coup de projectiles, un groupe d’élèves a délogé ses condisciples. S’en suit alors un mouvement de panique. Après quoi, ‘’le commando’’ met le cap sur le collège Koné Mamadou (Ckm), un établissement privé. Munis de pierres, les élèves mécontents caillassent les bâtiments, obligeant l’administration de l’école à libérer les élèves. Par mesure de précaution et à la demande de la direction régionale de l’éducation nationale (Dren), les enfants des autres écoles de la ville ont été libérés.

Du côté de l’administration scolaire, l’attitude des enseignants incriminés, est condamnée. En effet, Drai Sarapai Lazare, secrétaire général de la Dren de Touba rencontré à son bureau, indique que les cahiers d’activités ou d’habiletés sont recommandés et non imposés.

« La mauvaise pratique de certains acteurs » qui, selon lui, gagneraient entre 250 Fcfa et 500 Fcfa par document vendu, a finalement fait déborder le vase. « C’est pour cette manne qu’ils mettent en danger notre école », regrette-t-il. Et de reconnaître que l’achat des documents exigés, représente « un surcoût sérieux pour les parents élèves » après qu’ils se soient acquittés des frais d’inscription en ligne, d’achat des tenues de sport et autres dépenses.

Diomandé Vakessé, président du comité de gestion du lycée Gaf, joint par téléphone, laisse entendre que la pratique a été maintes fois décriée auprès de l’administration de l’établissement du lycée et même du préfet de région, Yao Kouakou Benoît. Et qu’au moins deux rencontres ont été initiées sous l’égide de l’antenne de la pédagogie et de la formation continue (Apfc) de Touba.

A ces occasions, soutient-il, il a été formellement notifié aux enseignants que les cahiers d’habiletés étaient facultatifs; libre à l’élève de juger de l’opportunité de l’acquérir. Malgré tout, la pratique a perduré. D’où le mouvement d’humeur des élèves, expression d’un sentiment de lassitude pour exprimer leur ras-le-bol face au non-respect par leurs maîtres, de la déontologie de leur profession.

Yao Kouakou Benoît, préfet de région, informé de la situation, a convié enseignants et administration du lycée Gaf à une rencontre pour mieux cerner la question.

Après les explications données par Diarrassouba Amadou, proviseur du lycée Gaf et par Coulibaly Allassane Mathias, porte-parole des professeurs, le préfet a, avec la fermeté, demandé aux enseignants que cesse définitivement le commerce des « fascicules ». « Faites en sorte que la paix règne dans vos écoles », a-t-il conseillé pour conclure.
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