REPORTAGE / UNIVERSITE DE BOUAKE : FAUTE DE MOYENS FINANCIERS, DES ETUDIANTS CONTRAINTS DE LOGER DANS UN VILLAGE



Situé à moins d’un kilomètre du campus de l’université Alassane Ouattara de Bouaké. Adjéyaokro est le village qui héberge des étudiants. Mardi 20 septembre dernier, en marge d’une cérémonie de soutenance des 41 premières thèses de doctorat de l’Unité de formation et de recherche (Ufr) des sciences économiques et de gestion de développement, nous avons visité le village. Un refuge pour des étudiants malgré la quasi-absence d’infrastructures.

Eau, électricité, logement
Il était 14 heures quand nous sommes arrivés à Adjéyaokro. Il faisait chaud. Ce qui nous a frappé, à notre arrivée dans ce village, c’est la présence de nombreux bidons d’eau.
Certains de couleur jaune, d’autres de couleur verte. Tous rassemblés autour d’une pompe. Deux (02) hommes assis sous un appâtâm de fortune sont les gérants de ce point d’eau. A côté d’eux, une jeune fille, vendeuse de nourriture. A quoi servent ces bidons, y’a-t-il un problème d’eau à Adjéyaokro ? Nos interlocuteurs, certainement affaiblis par le soleil de plomb, hésitent à satisfaire notre curiosité. 

Sans insister, nous avons décidé de visiter le village. A Adjéyaokro, il régnait ce jour un calme plat. Il n’était que midi cependant. Le village, à peine loti, n’est pas propre. On trouve la broussaille partout. D’une maison à une autre, il faut traverser des buissons.
C’est lors de cette promenade à hauts risques que nous avons aperçu un jeune homme d’une vingtaine d’années. Il était adossé à un mur. Rapidement, nous faisons connaissance avec lui.

 L’homme en question est un étudiant. Il se nomme Oka Kouacou Serges Pacôme. Il hésite, lui aussi, à s’ouvrir à nous dès qu’il a su que nous sommes des journalistes. Mais nous l’avons mis rapidement en confiance.

 C’est ainsi qu’il s’est mis par la suite à table pour nous relater la vie des étudiants qui vivent à Adjéyaokro. « Ici, c’est ma maison. Je la loue à huit mille francs Cfa (8.000Fcfa) par mois. Et c’est le cas de nombreux étudiants qui vivent dans le village », nous a indiqué notre interlocuteur. 

Oka Kouakou Serges Pacôme avait à l’intérieur de son studio, une cuisinière à gaz. Une chaise et une table en plus de son lit. C’est d’ailleurs cette seule chaise qu’il nous propose alors que nous sommes au nombre de trois (03) personnes. Mais notre préoccupation, ne se situe pas à ce niveau. 

Il s’agissait pour nous, de savoir comment les étudiants vivent à Adjéyaokro. « Nous avons un président (représentant) mais il est absent pour des raisons de maladie », a indiqué notre étudiant très procédurier. 

C’est après cette précision qu’il a accepté de nous plonger davantage sur leur quotidien à Adjéyaokro. Concernant l’électricité, il nous explique le mode d’abonnement. «Ce sont deux (02) particuliers qui nous ravitaillent. Il faut payer 7000 francs Cfa pour l’abonnement.

Une fois que l’abonné a son sous compteur, il paie sa facture en fonction de sa consommation. Le kilowattheure est facturé à 250 francs Cfa », a expliqué l’étudiant. Oka Kouakou a ajouté que le concernant, il ne paye que 2000 francs Cfa parce qu’associé avec un autre étudiant. 

Quant à l’eau, la situation est moins enviable. L’eau courante, il n’en existe pas à Adjéyaokro. « Nous nous débrouillons avec deux (02) fontaines », nous dit-il. Mais pourquoi les étudiants, malgré cette précarité, sont contraints à vivre dans le village?

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