"CASH INVESTIGATION" ECOPE D'UNE PLAINTE POUR UNE ENQUETE SUR L'EAU
12MAR2018
L'émission "Cash Investigation" se
penche mardi sur "les troubles abîmes du business de l'eau", une
enquête qui vaut à l'équipe d'Elise Lucet d'être visée pour la première fois
par une plainte émanant d'un organisme public, le Siaap.
Dans "l'eau, scandale
dans nos tuyaux", le magazine d'investigation de France 2, diffusé à
21h00, se penche sur les coupures d'eau, pratique qui perdure malgré son
interdiction pour les résidences principales depuis la loi Brottes de 2013; sur
la gestion de l'eau à Nîmes par l'agglomération et son délégataire, la Saur,
avec des fuites considérables sur le réseau (1 litre sur 3) de la cité
gardoise; et sur le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de
l'agglomération parisienne, le Siaap.
Cet dernier organisme, chargé de
retraiter quotidiennement l'eau utilisée par 9 millions de Franciliens, fait
notamment l'objet depuis avril 2013 d'une information judiciaire au pôle
financier du TGI de Paris, pour des soupçons notamment de prise illégale
d'intérêt, corruption et trafic d'influence portant sur des marchés publics
signés à partir de 2011. Le Siaap s'est constitué partie civile dans ce
dossier.
S'appuyant sur un lanceur
d'alerte et une enquête très fouillée, l'équipe d'Elise Lucet a tenté
d'interroger la direction du Siaap sur des soupçons de marchés truqués, et,
faute de réponse, a filmé une séquence au siège du syndicat d'assainissement.
On y voit la journaliste distribuer dans le hall d'entrée et devant le bâtiment
un prospectus résumant ses questions.
Le Siaap, comme l'a révélé le
Journal du dimanche, a déposé plainte contre X pour "violation de
domicile" à la suite de ce tournage dans ses locaux. Une première de la
part d'un organisme public, pour l'émission de France 2 (produite par Premières
Lignes) qui est régulièrement visée par des plaintes de groupes privés et même
récemment par l'Azerbaïdjan.
"Pour nous une plainte de
cette nature c'est une première. De notre point de vue il n'y a pas de
violation de domicile. C'est une entreprise publique, nous sommes dans un hall
qui est ouvert au public, sans vigile à l'entrée, et les choses se sont passées
très calmement, sans échauffourées ni voies de fait ni quoi que ce soit",
a expliqué Emmanuel Gagnier, rédacteur en chef du magazine.
Interrogé par l'AFP à propos des
demandes de "Cash Investigation", l'avocat du syndicat
d'assainissement, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a dit : "nous ne
répondons pas à des questions qui touchent à des dossiers judiciaires".
"Nous ne répondons pas à ce type de comportement", a-t-il ajouté,
qualifiant d'"insensées" les questions du magazine.
Commentaires
Enregistrer un commentaire