LE HCR FAIT LE POINT SUR LE PHENOMENE DE L'APATRIDIE EN AFRIQUE DE L'OUEST

Publié le 26-02-2018 Modifié le 26-02-2018 à 12:48

Il y a trois ans, la déclaration d'Abidjan était adoptée par les 15 Etats membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Dans cette déclaration, les Etats se sont engagés à mettre fin à l'apatridie d'ici 2024. L'apatridie ou le fait de ne pas avoir de nationalité, empêche les gens d'avoir accès à l'école, aux soins ou à un travail faute de papiers d'identité. C'est la cause de grandes inégalités et de vulnérabilité pour la population. Le HCR a publié ce dimanche 25 février 2018 une note pour faire le point sur les évolutions du phénomène dans la zone.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés constate que quelques progrès ont été effectués ces derniers temps dans certains pays d'Afrique de l'Ouest. Romain Desclous, le porte-parole du HCR dans la région, explique qu'il y a eu des avancées au Sierra Leone, au Burkina Faso ou en Côte d'Ivoire, par exemple.
« En Sierra Leone, en 2017, la législation a été amendée pour permettre aux femmes, donc aux mères, de pouvoir transmettre la nationalité à leurs enfants. Jusqu’à présent, seul le père le pouvait, rappelle Romain Desclous. Il y a également  le Burkina Faso qui, la semaine dernière, a initié la distribution d’actes d’état civil et d’actes de naissance à des enfants et à des jeunes adultes qui n’en avaient pas. En Côte d’Ivoire, l’année dernière au moins 8 000 personnes qui étaient apatrides se sont vues remettre un certificat de nationalité, au terme d’une procédure spéciale qui avait été mise en place. »
Le porte-parole du HCR en Afrique de l'Ouest estime que les problèmes d'apatridie sont essentiellement liés à des problèmes « de lacunes administratives et législatives ». S'il considère qu'il y a « des progrès », il reste du chemin à parcourir, souligne-t-il.
« Parmi les efforts qui restent à faire dans la région, il s’agit d’une part d’améliorer la qualité des données qui nous permettent de savoir exactement combien de personnes sont apatrides. Il convient aussi de s’assurer que tous les Etats de la région accèdent aux conventions internationales sur l’apatridie, note Romain Desclous. Donc il y en a douze pour l’instant dans la région qui ont accédé à ces textes, trois autres sont en cours. Accéder aux textes internationaux, c’est une chose, mais il faut aussi que leur législation nationale soit en phase avec ces recommandations et avec ces textes internationaux. »

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