DECLARATION DE LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME DE COTE D’IVOIRE (CNDHCI) RELATIVE A LA MULTIPLICATION DES ACTES D’INCIVISME
Abidjan le 7 février 2018 - La Commission Nationale des Droits de l’Homme
de Côte d’Ivoire (CNDHCI) observe depuis
plusieurs mois, la multiplication d’actes d’incivisme se manifestant sous la
forme de défiance totale à l’égard des autorités publiques et / ou de destruction de biens et d’édifices publics
et privés. La violence contre les édifices publics semble avoir été érigée en
mode d’expression prioritaire en vue de satisfaire des revendications.
La CNDHCI a documenté les cas suivants :
·
Le 31
Janvier 2017, à Bougouasso (département d’Odienné), menace de mort et attaque
contre le Sous-préfet, pour protester contre un rapport mettant en cause des
soldats du Bataillon de sécurisation du Nord-Ouest, dans une affaire de «
tentative d’assassinat » d’éleveurs ;
·
Le jeudi 6 avril 2017, à Hiré, attaque des
populations contre la Brigade de Gendarmerie, suite à la mort d’un jeune
orpailleur ;
·
Le 4 mai 2017,
à Ouangolo, attaque, suite à un litige foncier, du domicile et des bureaux du
Préfet qui a dû être exfiltré ;
·
Le 02 novembre 2017, à Guiglo, attaque contre les
bureaux et la résidence du Préfet consécutive à la mort d’un autochtone ;
·
le 21
novembre 2017, à Katiola, attaque contre plusieurs agents de l’OIPR de Katiola
en mission dans la réserve du Haut Bandama ;
·
Le 6
février 2018, saccage et incendie des locaux de l’Hôtel de ville et du domicile du Maire de Soubré par des
manifestants l’accusant d’avoir provoqué l’incendie du marché dans la nuit du 4
au 5 février.
A ces cas, s’ajoutent notamment, les saccages récurrents d’établissements
primaires, secondaires et universitaires, le non-respect des codes de la route
et de l’environnement etc.
La CNDHCI
condamne ces faits portant gravement atteinte aux valeurs républicaines et aux
symboles de l’Etat.
La CNDHCI rappelle
que les droits et libertés publiques reconnus aux individus sont assortis de devoirs
vis-à-vis de la société. L’article 44 de la constitution dispose notamment que « Les biens publics sont
inviolables.Toute personne est tenue de les respecter et de les protéger ». Les contrevenants à
ces dispositions, s’exposent aux sanctions prévues aux articles 423 et suivants
du Code pénal relatifs à la destruction, la dégradation et le dommage
volontaire de biens publics et privés.
La CNDHCI
encourage le Gouvernement à diligenter des enquêtes afin de situer les
responsabilités et sanctionner les auteurs ;
La CNDHCI
invite le Gouvernement à un règlement diligent des préoccupations exprimées par
les populations dans différents domaines afin d’éviter les excès constatés.
La CNDHCI invite
le Gouvernement à renforcer la sensibilisation des populations sur la nécessité
de protéger les biens publics et privés.
La CNDHCI invite
les populations à utiliser les voies de droit pour l’expression de leurs
revendications en saisissant notamment la Commission centrale ou ses Commissions
régionales présentes sur toute l’étendue du territoire.
La CNDHCI reste
disposée à accompagner les efforts des autorités pour une meilleure éducation
aux droits de l’Homme, à l’engagement civique des communautés et à la citoyenneté.
Fait
à Abidjan, le 7 février 2018
La Présidente
Namizata SANGARE
Commentaires
Enregistrer un commentaire